samedi 17 avril 2010

Trois belles contributions à l'identité nationale


Histoire d'opérer une fonte indélébile entre l'identité nationale et le patriotisme colonial, le maire de Paris, dans un magnifique effort de récompenser Israël, tueur de vampires assez célébré de par le monde (mais surtout sur le vieux continent semble-t-il, en proie aux pires contes et légendes), a inauguré, en présence du président Simon Pères, la promenade Ben Gourion.

A cette occasion, des manifestants qui avaient réussi à déployer un drapeau palestinien sur l'Arc de Triomphe, se faisaient ambiancer par les forces de l'ordre, pendant que d'autres avaient affreté une vedette pour manifester en face du quai branly.

Un an après Plomb durci, le mairie de Paris a jugé du meilleur goût d'accourir à la rescousse de l'image médiatique d'Israël en proposant un jumelage entre Paris et Tel-Aviv.

A croire que la France se trouve à court de grands hommes et de symboles nationaux suffisamment forts...à quand une place Slobodan Milosevic, à côté du boulevard Henry Kissinger, auquel on accèderait en traversant le pont Irving Kristol?

Probablement parce qu'il y'avait déjà une promenade Habib Bourguiba non loin, cette mesure s'expliquerait par un besoin de représentations équilibrées des communautés dans le 7ème arrondissement...un souci laïc sans doute. Mais pourquoi ne pas remonter aux origines et consacrer des boulevards David & Salomon, et Suleïman le magnifique puisque nous en sommes là?!

Deuxième événement, survenu avant l'inauguration de la promenade Ben Gourion, le crash de l'avion présidentiel polonais. Lech Kaczynski et son gouvernement sont pleurés en Pologne mais aussi en France par de nombreux Français d'origine polonaise plongés dans le désarroi par la perte d'un grand visionnaire islamophobe auto-proclamé de son vivant, et grand ami d'Israël (la raison de la brouille fraternelle).

L'enterrement du président polonais, digne de celui d'un pape, ne dénote-t-il pas une absolution par la mort?

Après la célébration d'un événement aussi fort que la chute du mur de Berlin, sommes-nous si fortement sous l'emprise d'une amnésie généralisée qu'il conviendrait qu'on encense, dans une conception assez chrétienne et donc aux antipodes de la laïcité, des chefs d'Etats autoritaires et ouvertement racistes comme les nouveaux saints d'un siècle marqué par la désinformation et la capitulation au pouvoir et à ses relais?

Troisième événement, ou plutôt consolidation d'un phénomène: "Malgré l'injure raciale, le parquet estime qu'Hortefeux ne doit pas être condamné".

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