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lundi 7 juin 2010

la flotille, la parodie et le simulacre d'informations


Lundi 31 mai 2010, une flottille humanitaire visant à forcer le blocus imposé à Gaza, a été prise d'assaut par les forces de défense israélienne faisant 9 morts et quelques 36 blessés. Si nous avions eu la nouvelle le jour-même de 12 morts, ce décompte macabre allait finalement s'arrêter à 9 morts quelques jours plus tard, une fois la censure israélienne prise en défaut. Ce énième acte de piraterie du gouvernement israélien dans les eaux internationales, et les nouvelles condamnations qu'il provoque, n'ont pas pour autant empêché Bernard Henri Levy de renoncer à sa tâche de "romanquêteur" et...d'hypnotiseur de foules.

Le voilà de nouveau, dans un remarquable édito du jour dans Libération, déformant la réalité à coups de marronnier, et quelques heures plus tard (ah douce ubiquité médiatique entretenue par force relations et jeux de pouvoir!) sur le plateau du Grand journal de Canal+.

Quand Ali Badou l'apostrophe, avec toute la rage du journaliste d'entertainment muselé: "Au bout d'un moment il faut compter les morts!", BHL n'hésite plus et se lâche, sans même éprouver la moindre crainte - ni même un soupçon de honte en fait, puisque jamais (jamais) personne ne la lui mettra en le contredisant - d'être complètement hors sujet: "Oui il va falloir commencer à les compter en effet, au Darfour, 400 000 morts, en Tchétchénie, 200 000 morts, au Rwanda..." (liste non exhaustive bien sur)

Tout spectateur qui lit les journaux, et qui n'est ni un "expert" militaire, ni un spécialiste des médias, est à même de comprendre que des déclarations comme: " la bande de Gaza n'est pas sous contrôle militaire israélien, et que ses habitants ont été pris en otage par un coup d'Etat", sont autant de déclarations absolument extravagantes n'ayant pas le moindre lien avec la réalité.

La phrase la plus salée reste la réponse qu'il a faite à Denisot après que ce dernier lui a demandé: "Comment expliquez-vous qu'il y ait autant de pertes humaines côté palestinien?".

De but en blanc le philosophe ne s'est pas fait prier: "Je pense que les Palestiniens accordent moins d'importance à la vie de leurs enfants que nous", une phrase qui lui vaudrait, si deux/trois associations anti-racistes n'étaient plongées dans une profonde léthargie, une belle poursuite pour incitation à la haine raciale.
Une minute 35 plus tard, au moment où la question porte sur la situation humanitaire à Gaza, BHL, pris d'un sursaut, se rappelle que sa com porte principalement sur la stigmatisation du Hamas et embraille: "Il faut en finir avec ce régime du Hamas de la peur qui fait que les parents Gazaouis sont paniqués si leurs enfants n'ont ne serait-ce que 10 minutes de retard après être sortis de l'école."

Donc quelques secondes avant, il est occupé à faire passer la population Gazaouie pour une bande de fanatiques terroristes, puis il se souvient qu'il faut toujours compatir avec le sort des Palestiniens, tout comme le Global Language Dictionary le préconisait.

Ce "tautologue" professionnel, n'a-t-il pas déjà tout dit dans les pages de Libé? Sa déclaration télévisée n'ajoute rien à sa position, excepté peut-être à persévérer dans le bouclage du débat, précisément grâce à ce que l'on a bien nommé le "matraquage". Si tu monopolises l'espace médiatique en permanence sur un sujet (ou plusieurs), alors tout ce qui a été dit en opposition à tes idées, avant et après ton passage, s'auto-annule.

Du côté USA, les déclarations du gouvernement condamnant l'assaut de la flottille ont été, comme à l'accoutumée, fidèles à elles-mêmes, mais une réaction en particulier a fait la une de l'actualité. Celle de Helen Thomas, correspondante de la Maison Blanche de longue date, une grande figure du journalisme américain.




La fameuse sortie, a été rapportée par la vidéo amateur d'un rabbin, qui croisant Helen Thomas dans les jardins de la Maison Blanche lui a posé la question pour l'occasion: "Que pensez-vous d'Israël?", avant de s'empresser de la "balancer" à FoxNews, la chaîne des démocrates (sic.). Tollé assuré après sa déclaration, et c'est un peu normal. Toutefois si nous possédons la mémoire, qui nous différencie des animaux, nous sommes capables de juger que le contexte actuel de l'Allemagne ou de la Pologne (quoique...) n'a rien à voir avec l'antisémitisme régnant dans ces mêmes pays pendant la Deuxième guerre mondiale. Provocation délibérée? Outre le stigmate de la Shoah, Helen Thomas sait pertinemment qu'Israël est une réalité concrète et qu'on ne pourrait pas exiger de ses citoyens qu'ils se fondent en Europe, puisqu'elle a toujours défendu la solution à deux Etats.

Et le petit débat entre les trois "media workers" de FoxNews qui s'en suit sonne comme une quasi-injonction pour le spectateur à ne plus jamais écouter les élucubrations de cette (vieille) folle furieuse: "A son âge! tout le monde aurait pensé qu'elle été bien plus sage!" s'exclame la blonde sur le plateau.

Helen Thomas semblait pourtant en pleine possession de ses moyens, et ses arguments paraissaient légitimes au moment où elle a interpellé l'attaché de presse de la Maison Blanche quelques minutes plus tôt.



A la suite de cette regrettable déclaration, elle démissionne et présente des excuses publiques. L'affaire en laissent certains sceptiques sur le principe de liberté d'expression aux Etats-Unis





Pendant ce temps en Israël on avait déjà concocté une petite vidéo "humoristique", selon les Israéliens, intitulée "We con the world", "on s'est bien foutu de la gueule du monde!", traduction plus adaptée au contexte que "on arnaque le monde!". Faisant preuve d'un cynisme redoutable, mais surtout d'un sens accru de la communication de masse, les Israéliens ont choisi de parodier le célèbre tube des années 80 "We are the world".





Mark Reguev, porte-parole du Premier Ministre, confiait, tout goguenard à la BBC qu'il avait trouvé la vidéo très drôle et qu'il avait appelé ses enfants à venir le rejoindre devant la télévision, et à partager sa conception très personnelle de l'humour. De plus, toujours dans l'article de la BBC qui titrait: "Israël apologises for spoof video mocking gaza flotilla", nous apprenons que "le gouvernement israélien n'a rien à voir avec cela." Ce qui moralement, rassure vachement.

Soit, des deux "info" - ou plutôt des trois, étant donné que c'est bien l'agression de la flottille qui a donné lieu aux deux dernières nouvelles - c'est la réaction de Helen Thomas qui a été la plus médiatisée.

Que sont 9 morts en comparaison à une stupide apostrophe faite aux juifs (Israéliens; précision pour éviter les grossiers et commodes amalgames pratiqués à outrance par certains médias) de "rentrer chez eux" en Pologne, en Allemagne ou aux Etats-Unis aujourd'hui?

Ainsi au nom de la liberté d'expression, on peut et on devrait pouvoir rire de la mort de 9 personnes sauvagement assassinées par l'armée israélienne. Et parce que ce principe de liberté d'expression l'exige et c'est tant mieux, tout un chacun devrait avoir le droit d'exprimer ses opinions, sans qu'on n'y adhère pour autant, mais sans pour autant pouvoir en être inquiété.

Mais ici, qu'est-ce qui nous choque au plus profond de nos âmes?

Helen Thomas est d'origine libanaise, ce qui peut en effet aider à comprendre pourquoi on pourrait juger Israël comme un pays hors la loi quand on est originaire du Liban, dont la souveraineté a été violée pendant 22 longues années par l'Etat Hébreu, puis à nouveau par la guerre de 2006, et serait encore une fois menacée cette année. En 50 ans de métier, Helen Thomas n'a pas observé la moindre velléité de paix se profiler dans le camp israélien.
Qu'est-ce qui devrait vraiment nous choquer? Devrions-nous nous choquer parce qu'une journaliste a ouvert une blessure de l'histoire aussi douloureuse en réaction aux événements du lundi 31 mai 2010? Devrions-nous nous choquer qu'une bande de pirates se faisant passer pour une armée régulière avec un sens de la "moralité" au dessus de tout soupçon, et exemptée de la remise en question la plus élémentaire, ait sciemment liquidé des gens puis ait eu l'idée d'en faire une vidéo-parodie, pour en "rire"?

lundi 26 avril 2010

BDS et IBS (Israel Boy Scoutism) ou "de quand tu t'aperçois (encore une fois) que les frontières d'Israël sont limitrophes de la France"


"Le plus grand dérèglement de l'esprit humain c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient et non parce qu'elles sont en effet" (Bossuet)

"Les capacités de l'esprit humain à inverser le réel sont infinies en ce qu'il s'agit d'un processus non pas statique mais dynamique. L'inversion du vrai et du faux, du juste et de l'injuste, de l'objectif et du subjectif conduit ainsi à voir, par exemple, dans une réfutation erronée du vrai une démarche juste et, inversement, dans la juste critique de cette réfutation erronée une démarche injuste et ainsi de suite à chaque stade du débat. Cette attitude correspond peu ou prou à "l'obstination dans l'erreur" décrite par Schopenhauer dans L'Art d'avoir toujours raison qui conduit souvent à chercher - et à trouver - un nouvel argument en faveur de ce que l'on croit être la vérité après qu'un premier argument a été réfuté. L'inversion du réel produit ainsi un effet miroir qui n'est pas seulement celui d'un objet dont l'image unique, en se reflétant dans un seul miroir, reste facile à distinguer de son "modèle" mais du phénomène que l'on obtient lorsque l'on place un objet entre deux miroirs: l'image de l'objet se reflète à l'infini dans une série "d'images de l'image" ou le réel s'abolit à mesure qu'on le perd de vue." (Guillaume Weill-Raynal, Les nouveaux désinformateurs, Armand Colin, Paris, 2007, p.54)

"La désinformation est une manipulation de l'opinion publique, à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés." (Vladimir Volkoff, Petite histoire de la désinformation, Editions du Rocher, Paris, 1999, p.33)

L'année dernière un prix d'honneur du siècle du néon avait été décerné sur ce même blog à Bernard Henri Levy. Nous n'avons pu résister en ce début d'année 2010, à en décerner un second. Moins prestigieux il va de soi, car si BHL avait eu la décence de prendre la peine de valider son lamentable argumentaire par le fait qu'il était allé sur le terrain de l'opération Plomb durci, Eric Marty, éminent professeur de littérature comparée à l'université Denis-Diderot, Paris VII, nous livre son "point de vue", sur la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanction et ses origines "islamo-gauchistes", confortablement installé au 80 boulevard Auguste Blanqui.

Son prix: le Néon plaqué Or pour ce magnifique concentré de désinformation en date du 21 avril 2010: "Le Boycott d'Israël est-il de gauche?" ou comment énoncer, avec une inconscience déconcertante, des contre-vérités sur les réalités sociales d'un pays dans lequel on n'a certainement jamais mis les pieds.

Eric Marty a re-gagné ses lettres de noblesse dans cette ahurissante inversion du réel publiée par Le Monde, dont certaines tribunes, ouvertement racoleuses, commencent à sentir le poisson mort deux fois.

Mais étant donné qu'on ne peut certainement pas tout dire pour défendre Israël, le Monde nous offre un semblant de débat démocratique en cette fin du mois d'avril.

Penchons-nous sur trois phrases particulièrement significatives de l'attitude d'Eric Marty et plus généralement symptomatiques de l'IBS, l'Israeli Boy Scout, le désinformateur professionnel qui, se sentant investi d'une mission divine, et au nom de la désinformation dont Israël serait la victime, dit n'importe quoi dans le but de redorer le blason de cet Etat, pourtant terni par la réalité et par rien d'autre.

L'inversion du réel:

"Désormais, et avec une nouvelle intensité depuis la guerre de Gaza, s'ajoute le projet d'un boycott d'Israël en Europe, idée qui est devenue à ce point familière qu'elle trouve un écho favorable, tantôt passif, tantôt actif dans des partis politiques français, comme le Parti communiste ou les Verts."

Rendons hommage à la dextérité avec laquelle M. Marty utilise l'hypallage, figure de style qui lui permet d'éclipser l'horreur de la dernière offensive israélienne en déplaçant "l'intensité" de la chape de plomb qui s'est abattue sur la bande de Gaza l'hiver dernier, pour en faire "l'intensité" du boycott et enfin, une charge "intensive" contre Israël, perçu comme le bouc-émissaire accusé à tort, grâce à ce procédé linguistique. Le nom "intensité" n'est syntaxiquement pas rattaché à Gaza, pour qualifier le caractère même de l'offensive israélienne, mais il est utilisé ici pour caractériser le boycott d'Israël. Cette subtilité sémantique sert à brouiller le rapport de forces existant et à faire perdre de vue l'origine même de "l'intensification" du boycott, qui trouve sa raison dans la violence de la dernière guerre israélienne.
En fait, selon Eric Marty, les Verts et les communistes, non contents de compter dans leurs rangs de nombreux antisémites qui croient dur comme fer au "complot juif", seraient en fait de dangereux "islamo-gauchistes" qui trahissent la gauche parce qu'ils n'auraient pas tous, contrairement à la majorité du PS, prêté serment d'allégeance au CRIF.

Le Monde encouragerait-il la désinformation?

"Il n'est pas vrai que l'Etat d'Israël pratique l'apartheid de près ou de loin à l'égard des Israéliens d'origines musulmane, druze, bédouine, chrétienne. Ceux-ci ont les mêmes droits politiques, sociaux, sanitaires, économiques, éducatifs que les juifs. S'il y a des inégalités, celles-ci sont conjoncturelles et démenties par de nombreux contre-exemples. Et bien sûr, et contrairement à ce qui se passait en Afrique du Sud, Arabes et juifs prennent les mêmes transports en commun, se transfusent le même sang, et ont des rapports sexuels qui ne sont soumis qu'aux préjugés culturels, familiaux et claniques qui règnent sans doute moins chez les juifs que dans les autres communautés."

Oui, Israël est bien l'Etat de tous ces citoyens sans exception, et étant donné les difficultés auxquelles même certains juifs se heurtent pour se marier entre eux, il est clair que les mariages inter-religieux y sont régulièrement célébrés (sic).





et voilà qu'Eric Marty s'improvise juriste international, avant de noyer carrément le poisson dans une autre réalité qui ne trouve aucune comparaison, mais qui semble bien être le signe de reconnaissance de la prose du désinformateur professionnel:

"Il n'est pas vrai qu'Israël ait commis des crimes contre l'humanité à l'égard des populations palestiniennes lors de la guerre de Gaza: aucun soldat israélien n'a commis de viols, de meurtres délibérés de civils, d'assassinats de masse comme il s'en est fait au Congo, en Tchétchénie, au Soudan, pour ne parler que d'exemples récents."


Une méconnaissance totale du système politique israélien:

" La politique du gouvernement israélien n'est pas une bonne politique (...) Ce n'est pas seulement la pression de tel ou tel minuscule parti religieux qui en est la cause, c'est à l'évidence le manque de vision du premier ministre israélien."

Eric marty a décidement beaucoup d'humour. Le "minuscule parti religieux" auquel il fait référence n'est autre que le Shass, le parti séfarade ultra-religieux, sans lequel aucune coalition ne peut espérer voir le jour à la Knesset.


A quelle nécessité répond un professeur de littérature comparée lorsqu'il n'hésite plus à mettre sa crédibilité d'intellectuel et d'universitaire au service de la propagande d'un Etat étranger?

Peut-être à la même nécessité idéologique qu'un professeur de philosophie, ou qu'un historien spécialiste de l'ère médiévale, devenus les étendards d'une critique de l'islam so trendy. Non seulement ces intellectuels sortent de leur compétences en nous prodiguant des vérités très relatives sur un sujet auquel ils ne connaissent probablement rien (du moins à les lire c'est bien le constat qui en ressort), mais ils se sentent légitimes dans leurs rôles d'imposteurs car ils ont été adoubés par des médias qui les prient, en feignant de faire appel à des "experts" du conflit israélo-palestinien, de venir donner leurs visions réactionnaires, impérialistes et ouvertement racistes.

lundi 2 mars 2009

"Frailty thy name is BHL!"*


Après un édito du Point en date du 8 janvier 2009, dont certains se souviennent, BHL en a pondu un deuxième dans le même style, le 15 janvier. Après lecture de ce billet, BHL remporte incontestablement la Palme d'Or du siècle du Néon, autrement dit, BHL est à lui seul et à la fois, le contenu et le contenant d'un néon (le gaz, et par métonymie la lampe). Parce que si vous ne le savez pas encore, vous découvrirez bien vite que BHL aveugle plus qu'il n'éclaire.

« Passons sur les "Mort aux juifs" lisibles sur certaines des banderoles des manifestations de Bruxelles, Paris ou Madrid.

Les manifestations les plus virulentes ont aussi eu lieu en Indonésie, en Suède, en Italie aussi...

Passons sur ce syndicat italien, le Flaica-Uniti-Cub, qui, selon La Repubblica du 9 janvier, et en "signe de protestation" contre l'opération israélienne à Gaza, appelle-événement sans précédent, en Europe, depuis trois quarts de siècle à "ne plus rien acheter dans les commerces appartenant à des membres de la communauté juive".

Une telle déclaration n'engage que ceux qui l'ont faite et a lieu en raison d'un conflit pas contre une communauté dans son ensemble.

Je n'aurai pas la cruauté non plus d'insister sur l'axe pour le moins nauséabond qui se constitue quand Mme Buffet, M. Besancenot et d'autres se voient rejoints, en tête de cortège, par le faurissonien Dieudonné ou quand le compère de celui-ci, Jean-Marie Le Pen, vient unir sa voix à la leur pour comparer la bande de Gaza à un "camp de concentration".

Mais à quel titre M.Levy vous doit-on des excuses?! Pourquoi cette prise de position personnelle, que du reste vous ne reconnaissez même pas aux manifestants pro-palestiniens?!

« Axe », Buffet-Besancenot se voient rejoints par Dieudonné, porte-parole de Faurisson, et par son nouvel ami Jean-Marie Le Pen?? Etaient-ils à la même manifestation en même temps? Etonnant et peu probable. Un tel « axe » n'existe que sous votre plume.

Le hasard fait que c'est de Ramallah, capitale de l'Autorité palestinienne, puis de Sderot, la ville israélienne qui vit, à la frontière de Gaza, sous le feu des roquettes Qassam, que je découvre les images de ces manifestations de soutien à la "cause palestinienne".

Le « hasard »? Par quel hasard se trouve-t-on dans un pays en guerre, ou dans une ville « à la frontière de Gaza, sous le feu des roquettes Qassam »?
BHL aurait donc pris un avion pour Ramallah, « capitale de l'Autorité palestinienne », certainement desservie par l'aéroport international de Ramallah-LaGuardia (sûrement reconstruit depuis le dernier bombardement israélien), en Cisjordanie de là, il a pris des routes escarpées et rocailleuses pour rejoindre la petite et humble ville de Sderot, prise « sous le feu des roquettes », et une fois arrivé, il a eu le luxe d'allumer son poste de télé, toujours « sous le feu des roquettes Qassam », et d'être informé des manifestations « scandaleuses » pour la « cause palestinienne ».

Et, voyant donc cela, observant ces foules d'Européens hurlant, vociférant, déchaînés et les observant tandis que, dans les deux cas, je me trouve en compagnie de gens dont le souci reste, malgré les bombes, malgré les souffrances et les morts, de ne surtout pas perdre le fil du vivre-ensemble et du dialogue, je veux ajouter quelques remarques à la série de celles que j'avançais la semaine dernière et qui m'ont valu, de la part des internautes du Point, un si abondant courrier ( href="http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/null/989/0/305272" target="_blank">lire la précédente chronique de Bernard-Henri Lévy).

1.Quel soulagement de voir des Palestiniens réels au lieu de ces Palestiniens imaginaires qui pensent faire acte de résistance en s'attaquant, en France, à des synagogues !Les premiers, je le répète, s'obligent à la modération et, avec un admirable sang-froid, tentent de préserver les chances des cohabitations de demain ; les seconds sont enragés, plus radicaux que les plus radicaux et prêts à en découdre, sur le pavé des villes d'Europe, jusqu'à la dernière goutte du sang du dernier Palestinien. Les premiers font la part des choses ; ils savent que nul, dans cette affaire, n'est ni tout blanc ni tout noir ; ils savent que le Hamas, en particulier, porte une responsabilité écrasante dans le désastre où s'est vu précipité son peuple ; les seconds, comme si la confusion n'était pas déjà suffisante, gobent avec délectation les bobards les plus énormes de la propagande anti-israélienne ; ils font des théoriciens et praticiens de l'attentat-suicide et du bouclier humain des nouveaux Che Guevara dont ils arborent insignes et emblèmes ; au lieu de calmer le jeu, ils jouent la politique du pire et jettent le feu dans les esprits.

Heureusement que BHL sait dissocier le vrai du faux. Toutes les démocraties européennes semblent n'être peuplées que de « mauvais palestiniens » que lui, fin expert parce qu'il y est allé, qu'il a vu, sait distinguer des « bons » palestiniens. Mais admirons la puissance de l'amalgame: "Quel soulagement de voir des Palestiniens réels au lieu de ces Palestiniens imaginaires qui pensent faire acte de résistance en s'attaquant, en France, à des synagogues !"
La résistance palestinienne se résume donc à un acte antisémite.

BHL épouse la thèse qu'il prétend combattre: dénoncant l'importation dangereuse du conflit, on croirait à l'entendre que ce sont des « milliers » de synagogues qui ont brulé et pas des actes isolés de haine, et surtout que la communauté musulmane ne connaît aucun problème du même type. D'une manière très hasardeuse il compare ce que ressent la population palestienne de Ramallah, puisqu'on sait que jamais il n'a foulé le sol de Gaza, aux réactions des musulmans à travers l'Europe.
Intéressant, peut-être être le même « hasard » qui le poussait plus haut à se « trouver là » en Cisjordanie.

Il est également drôle de constater quand le « philosophe » écrit « les seconds sont enragés, plus radicaux que les plus radicaux et prêts à en découdre, sur le pavé des villes d'Europe, jusqu'à la dernière goutte du sang du dernier Palestinien.» qu'il reprend mot pour mot la déclaration du Fatah Al-Islam, groupe radical retranché dans le camp de réfugiés de Nahr Al-Bared au Liban, où vivaient 40 000 réfugiés palestiniens en 2006, déclaration relayée par la correspondante du Monde à la date du 22 mai (citée dans « Le Liban sous la tourmente » par Alain Gresh le 23 mai 2007) où la journaliste écrivait:

« Face à cette situation, le Fatah Al-Islam a promis, mardi matin, de se battre jusqu'à « la dernière goutte de sang » si l'armée poursuit ses bombardements. »

Le parallèle idéologique entre les manifestants pro-palestiniens d'Europe et les islamistes d'un groupe radical libanais comme le Fatah Al-Islam est d'emblée établi dans la pensée de BHL. On doute qu'il ait réellement entendu cette phrase dans les bouches de toutes les foules pro-palestiniennes d'Europe de son poste de télévision de Sderot, qu'il l'ait sûrement lu dans la presse en relation avec ses vrais auteurs, on n'en doute pas une seconde.

En somme, l'expérience de BHL à Ramallah et à Sderot est aussi enrichissante et intéressante que la propagande faite par Tsahal sur youtube.

Justifier enfin les offensives menées par Tsahal en disant que « nul, dans cette affaire, n'est ni tout blanc, ni tout noir » et qu'être un bon palestinien de « bonne foi » c'est « reconnaître l 'écrasante responsabilité du Hamas », n'est qu'un raccourci de plus que BHL ne se lasse jamais d'emprunter.

« La responsabilité écrasante du Hamas dans le désastre »
implique que la responsabilité d'Israël est réduite à néant. BHL aurait-il cédé aux sirènes de la propagande israélienne faite sur you-tube?

Enfin, lorsque BHL parle de ceux « qui jouent la politique du pire et jettent du feu dans les esprits », à qui fait-il allusion, aux mêmes racistes, anonymes, isolés qui scandent « morts aux juifs », ou à ceux qui ont, comme lui dans cette tribune dédiée au Point, le pouvoir et la motivation de « jetter du feu dans les esprits » en les abreuvant de fausses informations et de « témoignages » qui ne sont que plus de gages de leur mauvaise foi.


2. Quelle régression, quel degré zéro de la pensée et de l'action, chez ces gens qui, à distance, ignorants des données du drame, appellent à la haine quand il faudrait peser, au contraire, dans le sens de la réconciliation et de la paix ! Elle suppose, cette paix, deux États acceptant de vivre côte à côte et de procéder au partage de la terre. Elle suppose, des deux côtés, un renoncement à l'extrémisme, au jusqu'au-boutisme, aux idées toutes faites et même aux rêves. Elle implique, par exemple, un Israël se retirant de Cisjordanie comme il s'est retiré du Liban puis de Gaza, mais elle implique un camp palestinien qui ne tire pas profit de ces retraits pour, chaque fois, transformer le territoire évacué en base de lancement de roquettes et de missiles tirés sur les seuls civils. Elle passe par un cessez-le-feu ; elle passe par l'arrêt de combats qui sont en train de faire un nombre de victimes, en particulier parmi les enfants, évidemment insoutenable ; mais elle passe aussi par l'élimination politique d'un Hamas qui se fiche comme d'une guigne et des victimes et de la paix et qui, faute d'avoir pu imposer la charia à son peuple, l'entraîne sur la voie du "martyre" et de l'enfer.

La paix vue par BHL? Une notion particulière:
« un camp palestinien »? un lapsus révélateur? La paix suppose « deux Etats », mais par définition la Palestine n'est pas un Etat, pour y arriver le « camp » palestinien devra observez un cessez-le-feu définitif et virer le Hamas, qui faute d'avoir imposer la loi coranique et ses préceptes donc « charia », le tue.

BHL semble confondre Arabie Saoudite où la charia est la loi, et Hamas qui n'est qu'un sous-gouvernement qui exerce son influence sur une « bande » de terre qui, au passage, n'est pas représentative de l'ensemble du peuple palestinien.
S'il est vrai que le Hamas se fiche éperdument des palestiniens, pourquoi aurait-il d'abord essayé de les « islamiser »?
L'argument est vraiment lamentable. Au côté « barbare » qui se repaît du sang des victimes palestiniennes, BHL souhaite ajouter, dans l'imaginaire collectif, la notion de tyrannie et de dictature par la terreur liée à l'Islam.

Cependant, par là même, il admet que les Gazaouis ne sont pas des musulmans fondamentalistes mais qu'ils sont pris en otages, par un gouvernement qu'ils ont élus faut-il le préciser.
Pour autant la réaction d'Israël est normale pour BHL. Tsahal tirait donc sur des cibles identifiées comme des combattants du Hamas, mais ces cibles se sont avérées être des civils.

Dans un article du Monde Diplomatique sur la guerre du Liban « Polémiques sur la politique israélienne », paru mercerdi 6 septembre 2006, Alain Gresh citait Bruno Stevens, photo-journaliste belge indépendant, auteur de Une manipulation fantasmée, qui réagissant dans Libération le 5 septembre 2006, déclarait: « Bien entendu, les attentats terroristes tuent et blessent de nombreux enfants et civils israéliens, personne ne le nie, personne ne le cache ».
Alors pourquoi BHL souhaite-t-il amoindrir les morts palestiniens si ce n'est par effort de propagande?


3. Je suis à Ramallah, donc. À Sderot et à Ramallah. Et voyant, de Sderot et Ramallah, cette mobilisation contre un "holocauste" qui a fait, à l'heure où j'écris, 888 morts, je pose une question simple. Où étaient-ils, ces manifestants, quand il s'agissait de sauver, non les 888, mais les 300.000 morts des massacres programmés du Darfour ? Pourquoi ne sont-ils jamais descendus dans la rue quand Poutine rasait Groznyï et qu'il transformait des dizaines de milliers de Tchétchènes en fagots humains et en gibier ? Pourquoi se sont-ils tus quand, un peu plus tôt encore, pendant d'interminables années et cette fois, au coeur de l'Europe, on extermina 200.000 Bosniaques, dont le seul crime était d'être nés musulmans ? Il y a des gens, apparemment, pour qui il n'y a de bon musulman qu'en guerre contre Israël. Mieux : voici de nouveaux adeptes du vieux "deux poids, deux mesures" qui ne se soucient de la souffrance d'un musulman que lorsqu'ils se croient autorisés à l'imputer aux juifs. L'auteur de ces lignes a été au premier rang de la mobilisation en faveur des Darfouris, des Tchétchènes, des Bosniaques. Il plaide, depuis quarante ans, pour un État palestinien viable, aux côtés de l'État d'Israël. On lui permettra, à ce double titre, de trouver ce type d'attitude à la fois répugnant et frivole. »


Si vous aviez eu la nausée en lisant son dernier édito sur Gaza, vous vomirez certainement à la fin de celui-ci, encore plus mensonger, haineux, prétentieux et dangereux.
Comment comparez l'incomparable. « Deux poids, deux mesures », en effet comment mieux définir l'engagement pseudo-humanitaire du « philosophe ».
BHL est indubitablement le personnage le plus malhonnète de notrès siècle, comment peut-il établir une sélection naturelle entre les différentes causes à défendre, et essayer par la suite de faire la morale aux manifestants pro-palestiniens en disant que ces protestataires n'ont pas le droit de donner leurs voix à ce conflit.

Selon sa propre logique, BHL nous avoue qu'il a été tour à tour Bosniaque « imaginaire », Tchétchène « imaginaire », Darfouri « imaginaire ».

Donc ce que BHL reproche aux manifestants pro-palestiniens, ce n'est pas tant de défendre des musulmans (admirez avec quel brio, il a défendu les musulmans bosniaques, tchétchènes, darfouris et bien d'autres, mais jamais les Irakiens par exemple) mais de défendre des musulmans parce qu'ils sont attaqués par Israël.
La bonne vieille paranoïa à la sauce BHL.
Mais s'il compare la situation des Darfouris, Tchétchènes, Bosniaques à celle des Gazaouis, c'est qu'il y a manifestement derrière cette comparaison l'aveu implicite que leurs « situations » désastreuses sont comparables, mais parce que ce sont des israéliens qui leur tirent dessus, on ne devrait pas s'indigner?! Incompréhensible.
Ou alors très logique à la lumière du manque flagrant de compassion ou d'empathie bé-H-élienne envers les Irakiens, maintenus sous le joug de ce qu'il appelle « une région de l'âme » (op.cit.) la sainte Amérique, qu'il idolâtre à travers son American Vertigo. On comprend beaucoup mieux le positionnement. Pourtant, n'était-il pas contre cette guerre?!

A la date du 15 janvier 2009, Médecins du Monde, présent en Israël connaissait toutes les difficultés du monde pour entrer dans Gaza, et en témoigne.

"Les couloirs humanitaires à Gaza : les soins palliatifs dévoyés"

En date du 9 janvier 2009, soit 14 jours après le début de l’offensive israélienne dans la Bande de Gaza, le bilan en vies humaines faisait état de 785 Palestiniens tués dont 230 enfants et 92 femmes. C'est-à-dire que plus d’une victime sur trois est une victime civile dans le cadre de l’opération « Cast lead». Et encore faudrait-il partir du postulat que toutes les autres victimes sont des combattants du Hamas, ce qui est loin d'être établi...

A la date du 15 janvier 2009 encore, le CICR déclare:
http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/htmlall/palestine-israel-news-150109?opendocument

Admirons d'abord la liberté et l'aisance avec laquelle un « citoyen du monde » comme BHL peut transiter librement et sans le moindre problème entre Ramallah et Sderot.
A le lire, les check-points n'existent pas, les permis de passage sont accessibles à tous, et tout un chacun serait libre de ses déplacements en Israël.
On finirait pas croire que les Gazaouis sont vraiment suicidaires puisqu'ils restent agglutinés sur la bande de Gaza.
Encore un moyen pour BHL de maquiller la réalité et le découpage du pays, tout en cachant les privilèges accordés aux seuls israéliens juifs.

Pour prendre la mesure des problèmes que rencontrent les non-juifs ou les pro-palestiniens quand ils se rendent en Israël, pour les mêmes raisons « touristiques » que BHL, la lecture de cet article est intéressante.
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=2514

BHL fait état de 888 morts, chiffre bien rond et précis pour quelqu'un qui se trouve pris « sous le feu des roquettes Qassam », BHL serait-il sorti de son abris pour s'enquérir des victimes de l'autre camp, pour les compter? Quel altruisme, quelle magnanimité!

Seulement, BHL ironise, se moque « un holocauste » et nous donne ainsi la preuve que s'il ne considère pas tous les palestiniens comme des musulmans fondamentalistes, et qu'il arrive aussi très clairement à établir des différences entre « bons » et « mauvais » palestiniens, ou de manière encore plus claire, une distinction entre les palestiniens qui se font bombarder non-stop et qui crèvent sous les obus, « ils sont dignes » parce qu'ils sont morts, et ceux qui les défendent à travers les démocraties d'où ils ont le droit de manifester pour montrer leur colère, et qui sont plus audibles, ceux-là sont des vauriens, des débiles, puisqu'ils « continuent de jetter de l'huile sur le feu ».

Un aveu quand il écrit: « Il y a des gens, apparemment, pour qui il n'y a de bon musulman qu'en guerre contre Israël »?
Ce serait plutôt l'inverse M. Levy, n'est-ce pas car sous votre plume il n'y a de bons musulmans que morts ou, ailleurs qu'à Gaza.

En revanche s'il y a des « bons et des mauvais » parmi eux, et bien même les vies arrachées aux bons, et en l'occurrence celles d'enfants innocents et de victimes majoritairement toutes civiles, ne mériteront jamais dans leur destruction violente, quotidienne et acharnée par l'armée israélienne, de porter le nom horrible de génocide.

Et à en croire BHL, nous avons affaire à un rescapé d'Auschwitz qui nous ouvre les yeux sur ce que l'on peut décemment, ou l'on ne peut pas, appeler tel ou tel. Dans cette logique, seuls les juifs ont droit à de tels noms-repoussoirs pour ne jamais avoir à affronter l'Histoire et les crimes de guerre commis par Israël qu'ils cautionnent et qu'ils justifient par ailleurs. Naturellement il s'agit d'un concours de souffrances. 888 morts? Passera pas!

Seulement BHL occulte les faits, les chiffres, et la situation dans toute leur réalité.

888 morts, en combien de jours? Sans oublier, comme le rappelait justement Rony Brauman, « tous ceux encore enfouis sous les décombres des édifices écroulés et qu'on ne peut pas encore compter ».

A combien d'autres morts, depuis plus de 60 ans d'occupation, ces 888 nouvelles morts s'ajoutent-elles? (Et nous ne vous ferons évidemment pas l'affront d'évoquer les réfugiés et les blessés, la liste risquerait d'être bien trop longue)

Selon les informations recueillies par le Nouvel Observateur à la date du 15 janvier 2009, on peut lire noir sur blanc:

« 9h30: arrivée à Tel-Aviv du secrétaire général des Nations Unies », puis à

« 11h45: Ban Ki-moon qualifie « d'insupportable » le nombre des victimes palestiniennes de la guerre à Gaza qui a dépassé le millier »1.

On est loin des 888 morts déclarées par BHL.
Oser ce genre de justifications, après le premier billet lamentable où malhonnêtement il tentait de nous « expliquer la guerre », le « philosophe » persiste et signe un texte encore plus odieux, malhonnète et mensonger où il se moque encore plus clairement que la première fois des milliers d'enfants morts.

Tous les médias confondus et les ONG font état en date du 15 janvier d'un nombre de morts compris entre 785 (à la date du 9 janvier 2009) et plus de 1090 civils, avec plus de 4500 blessés, et ce avant la date du 20 janvier.

Comment BHL, planqué à Sderot on n'en doute pas, peut se targuer de nous donner un chiffre aussi rond; et on devrait surtout le croire parce que lui, il y était!

Mais qu'a-t-il vu si même Médecins du Monde ou Médecins sans Frontières n'avaient pas eu avant le mois de janvier accès aux hopitaux qui selon lui, toujours, « soignaient tous les jours de nouveaux blessés ».
La Croix Rouge, pourtant connue pour sa réserve, a, dès le mois de décembre 2008, alarmé sur la situation humanitaire catastrophique et l'interdiction posée par Israël sur le passage d'aide humanitaire ou d'équipes médicales.
Mais BHL y était, il peut témoigner.
Même les JT de TF1 ont été obligés de dire la vérité à travers les reportages de Michel Scott qui témoignaient de la difficulté des médecins à accéder aux hopitaux ou du désarroi de Médecins du Monde qui se lamentait que les multiples interdictions israéliennes aux points de passage résultaient dans l'arrivée de patients déjà morts.

Cette tentative acharnée de négation de ce qui s'est réellement passé à Gaza est répugnante, mais BHL nous a déjà prouvé qu'il était à la hauteur, par des revirements d'opinions et de positions tout aussi « frivoles » que sa pseudo-dénonciation des « vérités » sur la prise de position de citoyens du monde sur le conflit à Gaza et, faire endosser au Hamas l'unique responsabilité du massacre nous parait digne d'une honnêteté intellectuelle rassise.



1http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/international/le_conflit_a_gaza/20090127.OBS1659/les_evenements_de_gaza_jusquau_23_janvier.html
* "Faiblesse d'esprit, ton nom est BHL!"
empruntée au Hamlet de William Shakespeare.

mercredi 25 février 2009

Honni soit qui bien y pense

La société dans laquelle je vis me fait sérieusement flipper.

La stupidité, l'hypocrisie et l'intolérance s'y sont installées et distillent un parfum de ségrégation, de discrimination, de consensus autour d'un bouc-émissaire désigné.

Observez les thématiques des feuilles de choux qui vivent sur leur grandeur passée, et expirée pour certains, les sujets sont infatigablement les mêmes:

-quelles sont les filières qui feront de nos enfants les maîtres du monde de demain (le palmarès des meilleures formations),

-les chiffres du chômage toujours en expansion (quelles perspectives pour une société de chômeurs?),

-l'usage croissant du cannabis chez les jeunes (nos enfants sont-ils en danger?), et enfin last but not least,

-« les vérités qui dérangent sur l'Islam » (clin d'oeil on ne peut plus discret au documentaire qui apporta le Nobel sur un plateau d'argent au très démocrate Al Gore) vérités d'une véracité douteuse que l'Express, véritable journal d'investigation et chef de file des nouveaux pourfendeurs de sarrasins à ses heures perdues, n'a jamais peur de dévoiler sans fin dans des dossiers dédiés, et qui se mangent d'ailleurs sans faim à travers ses numéros.
Si vous ne me croyez pas attendez l'été!

Un consensus a trouvé le jour autour de la religion la plus « dangereuse du siècle » sur laquelle tous les écrivains en vogue du moment, les philosophes du bitume et nouveaux « prescripteurs du prêt-à-penser1 », et les célébrités du monde des médias jettent l'opprobre.

Tous se mettent d'accord pour ériger en règle la bêtise, l'obscurantisme et la cruauté de cette religion que Houellebecq ira jusqu'à traiter de « religion la plus conne du monde », suivi de près par un Dantec, professionnel dans l'art nouveau de la chasse aux maures, qui ne se repaît que de chacune de ses attaques virulentes, rejoint dans sa croisade par le jeune et prometteur, selon la rumeur, Florian Zeller qui se fait un plaisir d'avaliser ces allégations le temps de se prêter à une fascination du pire.

Mais ils ne sont pas seuls (j'en passe et des meilleurs!) et une armée d'éditeurs et de rédacteurs applaudissent dans l'ombre la supposée audace de ces écrivains qui refusent d'être les « otages » de la peur liée à l'islamophobie.

En réalité, sous couvert de dénoncer un tabou (pour qui?), ces charlatans plus décomplexés que jamais se livrent à une véritable incitation à la haine.
Il est facile de déclarer, quand on ne s'attache qu'aux fanatismes sans même avoir l'honnêteté intellectuelle de les identifier en tant que tels, que toute une communauté est irrécupérable et dangereuse.

Mais pour qui sont faites ces déclarations, pour les élites, pour la masse, pour les dirigeants, pour l'opinion publique? Et surtout à quoi servent-elles?
Cette France qui fût jadis révolutionnaire, tolérante, laïque, ouverte, pro-Palestinienne ( un peu plus dans le mythe que dans les faits), n'est plus qu'un pays où le statut quo social ainsi que celui de la pensée unique persistent, où l'imagination et les libertés individuelles ont abdiqué au pouvoir autoritaire et arbitraire, où les « philosophes » (du siècle du Néon) Finkelkraut, Bruckner, Glucksman et BHL, entre autres, captivent et envoutent les médias avec des « idées » qui ressemblent étrangement à celles de l'extrême droite de Jean-Marie Lepen.

De nos jours en France, on essaye de réduire à néant l'horreur de l'esclavage et de la colonisation en nous balançant que s'il est impensable d'oublier l'esclavage par exemple, ce n'est autre que parce que nous culpabilisons et nous vivons de fait dans une société qui se trouve coincée dans la dynamique de la tyrannie de la pénitence. À l'évocation de la page noire que fût l'esclavage, les européens seraient les « seuls au monde à se livrer à des accès de masochisme auto-dépréciateur ».

Cette analyse ulcérante se passe de commentaire...Le siècle du Néon donc..

Cependant, on ne saurait mettre au même niveau la France colonisatrice et la France collaboratrice de Vichy. Dans le premier cas, il s'agissait de montrer le chemin à des hordes de « barbares », qu'elle soient africaines, orientales ou asiatiques, qui de toute évidence n'étaient pas capables de se gérer elles-mêmes et qui ne sont toujours pas aujourd'hui capables de reconnaître les bienfaits de la colonisation, et parmi eux celui de la « bonne gouvernance ». Somme toute, les ressortissants africains, orientaux ou asiatiques des régimes dictatoriaux ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes.

Selon cette logique cousue de fil blanc, c'est l'arrogance de ces populations (africaines, orientales et asiatiques) dont la manifestation la plus évidente a été la volonté d'indépendance, qui a entraîné leur propre « ruine ».

Dans le deuxième cas, la France, du moins le gouvernement de Vichy, a pris part à la délation, à la déportation et au massacre de la communauté juive.
Ainsi, dans le premier cas un pays tel que la France, ou du moins la puissance coloniale française, n'a eu aucune responsabilité et n'en a pas plus aujourd'hui, dans l'instauration de régimes dictatoriaux qui a suivi la décolonisation, pour la simple et bonne raison qu'on ne peut tout de même pas lui imputer le manque de « savoir-faire » de ces sociétés primitives ( c'est-à-dire l'absence de valeurs démocratiques due à l'aspect intolérant de la religion dominante et dominatrice qu'est l'Islam, le mépris des Droits de l'homme dicté par cette saloperie de religion2 pouah pouah! et biensur la fainéantise...).
En revanche, on peut (et on doit) imputer au (seul) gouvernement de Vichy la délation, la déportation et le massacre de milliers de juifs (même si certains préconisent, l'auteur en chef de file, de condamner la République).

La théorie (toute subjective) du « philosophe » du siècle du Néon apporte au monde des idées ce que « la philo selon Philippe3 » apporte à la philosophie.

Mais nos « superbes » philosophes nationaux souhaitent internationaliser le débat. Allez comprendre pourquoi, ils s'autoproclament les détenteurs d'une « vérité » qui nous échappe, à nous imbéciles, et ils essayent de nous exhorter à penser que si les enfants morts s'entassent à Gaza c'est explicable à cause du conflit4 et du droit d'Israel à assurer sa défense (au mépris total du droit international). Leur légitimité?...aucune. Mais si les médias français ne relaient pas leurs « vérités », ils iront dire ailleurs et sans retenue aucune que l'équipe de France est « black, black, black et que ça fait ricaner toute l'Europe, et qu'en France on peut aller en prison pour avoir dit ça »5, et ce qui est encore plus insupportable c'est lorsqu'ils s'improvisent anthropologues et sociologues pour dire que les jeunes de banlieues ne souffrent ni du racisme, ni de leur conditions déplorables de vie, mais bel et bien d'une haine profonde à l'encontre du pays qui les a accueillit, un sentiment bien entendu orphelin de toute raison socio-économique mais qui n'est en fait que la manifestation d'un désir de « se substituer aux populations légitimes blanches et chrétiennes6 ».

La raison de cette haine et les fondements du désir de substitution? Mystère et boules de gomme... mais toute ressemblance avec la théorie énoncée il y a vingt ans par Pierre-André Taguieff (avant son revirement au muslim hunting), pour expliquer que les véritables sources de la peur des xénophobes qui votaient FN résidaient dans leur peur de se voir remplacer par des populations maghrébines et musulmanes, serait fortuite. Aujourd'hui on retourne l'explication sociologique pour en faire une vérité sur la communauté musulmane. Devant tant d'honnêteté on ne peut que s'incliner.

L'année dernière je me suis faite jetée comme une malpropre du site de l'Express parce que j'avais posté un commentaire en réaction aux commentaires fascisants qui illustraient l'article « Le sort des femmes » (dans l'Islam).
J'avais osé dire dans ce commentaire que les vrais crimes de guerre de notre siècle étaient à attribuer en grande partie à George W. Bush et à Tsahal et non à la communauté musulmane comme semblaient l'appuyer tous les commentaires précédents. On pouvait lire des perles de fascisme ("tous les musulmans sont des terroristes et des barbares et leur prophète couchait avec des fillettes de 6 ans!") qui n'ajoutaient rien au débat et que le modérateur n'avait pas jugé bon de retirer ou tout au moins de modérer, et le mien parce qu'il donnait un point de vue qui n'allait pas dans ce sens (fascisant), a tout bonnement été retiré avant que je reçoive le message du modérateur directement sur ma boîte mail.

C'est pour ce genre de commentaires qui incriminent des puissances dites « utiles » qu'on est « banni » des forums de ces journaux, et qu'on pourrait à ce rythme-là aller en prison de nos jours en France M. Finkelkraut, mais jamais pour les conneries racistes toutes ériczemmouriennes7 que vous pensez avoir le cran de déclarer. Car ne pas aimer les noirs ou les arabes c'est toléré, c'est même préconisé dans certains milieux. J'imagine Finkelkraut tout crispé devant son poste de télévision quand il voit un Lilian Thuram (éminence grise du monde du football il faut le reconnaître, et ancien "black" des Bleus) critiquer les politiques sarkozystes. C'est le sanglot de l'homme blanc...

Ce qui est merveilleux dans ce pays, ce n'est pas seulement la somme de fadaises et d'inepties avec lesquelles on nous martèle le crâne (à la télé, dans les journaux, à la radio), mais plutôt l'engouement pour ces « ego-sophes » et ce besoin que les médias ressentent de leur demander leur avis sur TOUT.

Probablement les nouvelles idées d'un nouveau siècle du Néon qui voudraient tirer un universalisme de cet étalage d'intolérance.

Cette contagion qui a d'abord touché les sites web de certains journaux (liste non exhaustive: L'Express, Le Point, Le JDD, CharlieHebdo, Le Figaro, Marianne, etc.) a atteint les blogs, ces ovnis de la presse on-line auxquels on ne prêtait guère attention il y a quelque temps sont devenus de véritables sources de propagation de cette pensée unique, voire de propagande, des relais des médias bien-pensants qui véhiculaient déjà l'insécurité, pratiquement toujours liée aux faciès maghrébins et à ce qu'un grand penseur (sic.) de notre paysage politique dans toute sa diversité, Philippe DeVilliers a appelé « l'islamisation des banlieues ».

Cette expression qui pousse à penser que de véritables croisades islamistes dont le but est d'enrôler des jeunes dans Al Qaïda ont lieu dans les banlieues est peut-être vraie mais le choix des mots est suffisamment éloquent pour nous laisser penser que d'ici quelques années toute la banlieue parisienne passera sous contrôle du Hezbollah.
Pour endiguer ce problème, qu'on craint à long terme, l'Etat envoie des policiers faire des contrôles d'identité qui finissent le plus souvent en affrontements parce qu'ils sont perçus comme des intrusions par les communautés ou qu'il arrive qu'une bombe lacrymogène se retrouve projetée par inadvertence en pleine mosquée, ce qu'on appelle généralement une bavure.

Mais expliquer ces affrontements par le fanatisme des populations ou même par l'hypothèse farfelue que ces mêmes communautés vivent dans l'avènement du saint Islam pour renverser les « chiens laïcs de tous horizons » est quand même bien commode dans le fait qu'elle se passe d'une réflexion plus profonde sur un problème débattu en France depuis maintenant plus de vingt ans, pourquoi les banlieusards se sentent-ils ghettoïsés?.

Mais ces considérations ne retiennent pas certains bloggers d'avoir des prétentions au journalisme, mais une nouvelle forme particulière de traitement de l'information, l'information analogue, tronquée, biaisée, pernicieuse et opportuniste dans ce qu'elle se sert souvent pour réaffirmer ses arguments et ses partis-pris du conflit du Moyen-Orient.

Ces diatribes qui ont des velléités de croire qu'elles informent sont toujours saupoudrées d'une belle plume à l'effet d'éblouir et de séduire par des truismes et autres artifices, ceux qui n'auraient pas compris l'intention implicite derrière la pseudo-dénonciation de ces informations choisies.

Un exemple me vient à l'esprit, c'est la tentative de dénonciation de « l'islamophobie comme une invention opportune » par Florentin Piffard, http://modernologue.blogspot.com/.

Florentin Piffard est un "moderne" d'ailleurs le nom de son blog nous prouve sa bonne "foi" de penseur laïc. Pourtant, on ne peut s'empêcher de se dire qu'il y a "quelque chose de pourri au royaume" de Florentin.

A la lecture de ce "billet" on comprend assez rapidement où veut en venir l'auteur. Ceux qui pensaient qu'ils pourraient être satisfaits par une explication sémantique du terme et une analyse en profondeur de son évolution seront en reste, car on ne peut échapper à cette impression que l'auteur s'évertue à dénoncer le recours fait de manière systématique par les arabes au terme islamophobie, qui n'est en fait qu'une arme bien opportune que TOUS les musulmans utilisent pour rabrouer et même mettre au ban de la société sous couvert de racisme les laïcs les plus audacieux qui n'ont pas peur des mots et qui dénoncent la subversion du langage!

Là où l'antisémitisme trouve sa place, l'islamophobie est exclue. Car oui, l'auteur nous explique que le recours à l'accusation d'antisémitisme, qui n'est pas et n'a jamais été une "invention bien opportune", est un véritable régulateur social et doit s'appliquer pour protéger les sémites, dont il faut rappeler que les arabes sont dégagés, tandis que le fait d'entamer une poursuite pour islamophobie, qui ne trouve aucune racine profonde dans l'histoire et même aucune justification, est réprehensible parce que l'islamophobie n'est qu'un état d'esprit et non une action ( le bon sens veut qu'en démocratie on puisse tout penser sans pour autant en être inquiété, l'intention n'étant pas une action). L'islamophobie n'a d'ailleurs pas de sens dans la société dans laquelle nous vivons car il est de notoriété publique que les musulmans ne sont ni n'ont jamais été des victimes désignées, et ce concept n'est, par conséquent, qu'une arme qu'ils (les affreux musulmans) utilisent à l'encontre des défenseurs de la laïcité afin de répandre l'obscurantisme et de faire reculer la démocratie.

Cette stigmatisation de l'Islam n'est que la révélation d'une phobie et d'une peur évidente de l'Islam chez l'auteur.

Marianne 2 a eu le mauvais goût, après avoir osé lancer un appel à manifester pour la paix et à se garder "d'importer" le conflit israélo-palestinien en France, de publier deux jours plus tard ce billet avec une faute dans son titre (l'islamophobhie), lui confèrant ainsi tout le caractère de la démarche la plus scrupuleusement scientifique.

Cet "article" a provoqué de nombreuses réactions ( 393 commentaires, j'y étais hier soir par souci d'authenticité, souci qui n'étouffe pas l'auteur d'autre part), mais le pire c'est que cette "réflexion profonde" a été saluée par des lecteurs fièrement "laïcs" et vraiment racistes en manque de haine, car on pouvait lire des commentaires d'une finesse et d'une tolérance sans pareilles et sans égards d'ailleurs.

L'auteur, lui, semble prisonnier d'une bulle d'autosuffisance d'où il extrapole la vérité à renfort d'exemples obscurs et réactionnaires, où il ose des comparaisons plus qu'hasardeuses entre les religions, entre les origines ethniques; on y apprend par exemple que Yannick Noah a des "souches françaises" qui ne sont pas évidentes pour l'auteur et pour lui seul en l'occurrence.

Mais avant de céder à la tentation de classer Piffard dans la catégorie des réactionnaires versaillais consanguins, on lit d'autres billets que cette m...ce billet, pour ne pas passer pour l'avocat des islamistes qu'on a brusquement envie de devenir à sa lecture.
On passe alors de ravissements en véritables florilèges de la pensée, l'auteur cite le très modéré Alain Finkelkraut dans un billet; et dans un autre, tel Orsino dans La Nuit des Rois, Piffard se livre à un soliloque d'une profondeur étourdissante à travers lequel on l'imagine balançé en arrière dans son rocking-chair se délectant de ses propres paroles et y trouvant LA réponse à cette question métaphysique: pourquoi écrire un blog, pourquoi persévérer dans cette voie?...
Oui pourquoi?!

Il est fabuleux qu'à l'époque dans laquelle nous vivons et surtout dans ce pays de "la liberté, de l'égalité et de la fraternité", aucune modération internet ne réfrène les mots et les maux ouvertement racistes qui trouvent un espace dédié sur les sites de l'Express et de Marianne entre autres, qui se disent centristes ou du moins, moins à la droite de la droite.

Il est tout aussi extraordinaire que la société française soit obnubilée par ce "mal" qu'est l'Islam et son besoin quasi maladif de l'identifier et de le contenir afin de l'empêcher de nuire, tandis que les caisses de l'État sont "vides", les chiffres du chômage n'ont jamais été plus élevés, les démunis sont de plus en plus éprouvés, les classes moyennes se font légions pour rejoindre les chiffres de la pauvreté, pas un jour ne passe sans qu'un prisonnier ne se suicide, même les fiers Enfants de Don Quichotte semblent avoir baissé les bras, et la colère des scientifiques, des vrais intellectuels, des profs, des infirmiers, des magistrats, des salariés de la fonction publique gronde à juste titre sans pour autant avoir toute l'écoute des médias concentrés à détourner l'attention du quidam sur ce qu'ils essayent de vendre comme la vraie menace.
La crise économique, les licenciements massifs, les mesures draconiennes d'immigration, du pipi d'chat!

S'il n'est pas étonnant qu'on puisse trouver sur facebook des groupes haineux à l'argumentation lacunaire et dont la philosophie tout aussi haineuse s'illustre par des propos hautement intellectuels type "Fuck Islam" ou "Fuck Israel", où que l'on croise aux carrefours parfois nauséabonds de la nébuleuse certains blogs ouvertement racistes et appellant à la haine en la masquant par de jolis mots ou par un impératif de dévoiler des vérités soi-disant tabous, il est d'autant plus décevant que ceux qui osent se dire "presse on-line", nous faisant donc la promesse d'une certaine qualité d'information, finissent de plus en plus par ressembler à ces groupes congénitalement agressifs, stupides, bornés et vides de substance.

Que tous les saints soient loués le Monde Diplomatique existe et le Canard enchaîné est pratiquement on-line!


Une petite liste d'articles et de points de vue intéressants à lire
http://blog.mondediplo.net/2008-06-18-Encore-toujours-l-islam
http://blog.mondediplo.net/2008-06-18-Encore-toujours-l-islam
http://blog.mondediplo.net/2008-09-06-Le-tribunal-fait-le-ramadan
http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL
http://www.bakchich.info/Une-Lecon-De-Savoir-Dessiner-De.html
http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/archive/2006/11/11/il-faudra-qu-ils-derapent-combien-de-fois-nos-penseurs-d-eli.html
http://www.rue89.com/2008/08/22/bhl-na-pas-vu-toutes-ses-choses-vues-en-georgie
http://vivelefeu.20minutes-blogs.fr/archive/2006/09/01/bernard-henri-levy-est-une-celebrite-philosophe-autoproclam.htmlphilosophe-autoproclam.html
http://women.timesonline.co.uk/tol/life_and_style/women/celebrity/article1288676.ece
http://www.bakchich.info/Question-Pour-Un-Champion-Du,5907.html
http://www.micheldelcastillo.com/bhl.htm
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article9679


Notes:
1http://www.voltairenet.org/article17043.html
2Car tous ces intellectuels prétendent connaître l'Islam et nous font croire qu'on peut lire dans le Coran qu'il faut tuer son prochain et/ou massacrer sa femme.
3Sauf ton respect Abel!
4http://blog.mondediplo.net/2009-01-10-Liberer-les-Palestiniens-des-mensonges-de-Bernard
5http://www.bladi.net/forum/54188-fienkelkraut-lache-haaretz/
6http://www.bakchich.info/Prendre-La-Mesure-De-Zemmour.html
7Merci Sébastien Fontenelle!