samedi 3 avril 2010

Tu peux pas test


En sortant du travail hier soir, je suis tombée sur une "foule en liesse"


composée de 60 personnes à tout casser, qui brandissait des drapeaux du MRAP et des affiches anti-Zemmour.

Ils étaient regroupés tel un essaim sur la place Blanche, alors qu'un intrépide qui distribuait des tracts aux touristes du Moulin Rouge, se faisait interpeller par la police.
Les gens les regardaient éberlués. ça m'a fait penser à l'article de Paul Moreira du 13 mars sur son blog.

Le journaliste y parlait de la dernière intervention ultra-commentée par nos médias (un peu plus désoeuvrés chaque jour) de Eric Zemmour, durant laquelle Zemmour a encore eu tout le loisir de défendre ses thèses réactionnaires en déclarant, par exemple, que les dealers et les agresseurs seraient exclusivement noirs et arabes, et que les mères de famille mahométanes de banlieues interdiraient à leurs enfants de parler le français: "la langue du diable".
Le tout sans bien entendu jamais faire l'affront aux journalistes autour de lui, encore moins aux spectateurs, d'étayer son propos par des sources viables, ni même de les donner en fait, ce que Paul Moreira remettait en question dans son billet.

En somme, si t'es pas d'accord avec les propos tenus par Zemmour, tu te voiles la face et tu collabores à l'instauration du grand califat, en plus d'être le naïf islamo-gauchiste que tu es.
Si tu es journaliste et que tu mets Eric Zemmour à l'amende avec une simple analyse de son propos et une vérification de ses sources, tu as l'honneur de recevoir des geysers de vomi des aficionados de F. de souche.com, qui affiche en Une le portrait de leur prophète. C'est ce qui a eu lieu en une soirée sur Premières lignes.

Le problème n'est pas que des mecs comme Zemmour disent ce qu'ils pensent, et pensent ce qu'ils disent, et soient encore invités partout, après tout, leurs propos ne sont que la suite logique du discours fangeux promu par un gouvernement qui "étend un peu plus chaque jour son emprise sur nos vies". Mais il se pose quand on considère Zemmour comme un journaliste sérieux ayant pignon sur rue, et quand la moindre critique le visant est assimilée à de l'aveuglement, à de l'indulgence (envers les hordes de barbares islamistes), et encore mieux, à du "collaborationnisme".

C'est effectivement ce que les "Nobel de physique" qui ont gerbé sur le blog de Moreira, lui reprochaient; dixit un commentaire : "z'en faites pas va, les collabos comme vous seront les premiers à y passer ;)". Tout un programme... ça devient dangereux de tenir un blog, ou même de vivre en démocratie, étant donné qu'on ne peut plus y dire ce qu'on pense (enfin, sauf si tu es philosophe d'Etat, ou éditocrate) sans s'exposer à une cyber-fusillade...sur son propre blog. On se rend surtout compte en lisant les diatribes de F. de souche, que ces internautes entretiennent un rapport assez distant avec la réalité, un rapport fantasmé ressemblant à s'y méprendre à la perception du réel des bloggers engagés par l'état-major israélien. Les mêmes arguments sur l'islam et ses dangers ressurgissent inlassablement.

Pendant ce temps en Sarkozie, ce sont des mecs comme Zemmour, Rioufol, Finkielkraut, ou Redeker qui passent pour des hommes libres, de vrais héros des temps modernes, des rebelles qui auraient brisé le joug de la "bien-pensance" pour dire tout haut ce que le ministère de l'immigration et de l'identité nationale tonitrue tous les jours. C'est un peu comme l'IRA et le Sinn Fein, l'une était la branche armée, et l'autre le parti politique.

En conclusion, si tu estimes qu'il y a quelque chose de bien pourri au royaume de France, que tu ne partages pas le point de vue de Zemmour, Taguieff, Finkielkraut, Besson, Hortefeux et j'en passe sur l'immigration et les causes (uniquement maghrébines) de la délinquance, que tu ne supportes plus l'autoritarisme et les amalgames volontaires de Philippe Val, que tu gerbes les analyses fumeuses et fascisantes sur l'islamisation de l'Europe de Caroline Fourest, que tu ne conçois pas le concept de "guerre juste" défendu par Christophe Barbier, et que l'évocation des initiales BHL te fait hurler de rire, t'es vraiment un salop de munichois, un staliniste.
Ce qui va souvent de pair, tu l'auras compris, avec le fait que si tu avais pu (car il s'agit bien là de condamner nos intentions et même plus nos actes, et c'est bien dans cette matière que la brochette susmentionnée a majoré) tu aurais voté Hamas, financé le Hezbollah et/ou Ben-Laden, embrassé Ahmadinejad. En définitive tu es un terroriste.

Accordons à Eric Zemmour la classe de ne pas user du joker de l'antisémitisme, ce qui serait drôlement gonflé quand on défend à la fois les thèses de l'extrême droite française et de la droite néo-conservatrice américaine... mais, qui toute réflexion faite, n'a jamais, jusqu'ici, porté préjudice ni à Alain Finkielkraut ni à Bernard Henri-Lévy.

Killing an Arab


Dans les médias, on peut distinguer plusieurs catégories d'informations. Certaines font doucement rire, d’autres peuvent indigner ou révolter, et il y a celles qui crèvent le cœur.

Ces dernières écoeurent parce qu'en général un innocent est tué, et que les circonstances de sa mort, telles qu'elles nous sont relatées, prennent une tournure tellement biaisée, qu'on sait d’avance qu’il n’y aura pas de justice pour ce cas précis. Exemple.

Un homme de 35 ans d'origine marocaine, père de famille, vigile dans un supermarché de Bobigny, se serait « jeté » dans le canal de l'Ourcq, mercredi 31 mars au soir, parce qu’il était poursuivi par quatre personnes munies d'un cric et d'une grosse pierre, lesquelles n’avaient, selon la procureure Sylvie Moisson, pas du tout, l’intention de lui nuire…

Pas de connotation raciste pour le parquet

Les personnes interpellées assurent que l'incident a éclaté dans le magasin parce que le vigile aurait proféré des insultes à caractère antisémite. Une version démentie par un témoin de la scène contacté par Europe 1.

Le parquet a précisé vendredi que "l'intention homicide n'était pas retenue, de même qu'aucun élément de nature à donner à ces faits une connotation raciste ou religieuse".

En fait il faudrait comprendre que c’est parce qu’il aurait proféré des insultes antisémites à l’encontre de ses agresseurs (qui l'ont sans nul doute abordé avec la plus grande déférence), que cet acte ne peut avoir aucune connotation raciste, et ne saurait nullement être qualifié d'agression avec intention de tuer. C’est certainement dans un élan de tolérance que quatre individus armés se sont lancés à sa poursuite, après qu’il a eu le malheur de faire son travail en interdisant l’accès à un client à la fermeture du magasin.

Un échange d’insultes plus tard entre le client et le vigile, et le client en question passe un coup de fil pour alerter du renfort, puis lui annonce serein qu’il « va mourir aujourd’hui »…

Si le client avait été arabe et le vigile juif, cet homicide, car on ne peut pas qualifier ce fait divers autrement, aurait eu un caractère proprement raciste et scandaleux, et on aurait eu droit à une déclaration officielle du président, du premier ministre, d'une kyrielle de ministres, dans un crescendo de condamnations indignées par la recrudescence de l’antisémitisme.

Mais le vigile était bien arabe, au moment où la France de l'identité nationale souhaite plus que jamais se désolidariser de tout ce qui est arabo-musulman (que cette expression est malhabile..), et au moment où la perception d'un conflit international mobilise le corps politique derrière un Etat, qui a réussi, grâce à ses inconditionnels défenseurs médiatiques, à nous faire rentrer dans le crâne que la vie d'un arabe, de Jaffa à Bobigny en passant par Gaza, ne vaut rien.

Ainsi, tuer un arabe ne saurait être perçu comme un crime raciste, et ne pourrait être puni en tant que tel, surtout lorsque l'agresseur est sémite, mais juif pas arabe.

Tandis que l'arabe serait par nature susceptible de commettre un crime antisémite, la piste du crime raciste est d'emblée écartée lorsque la victime est arabe.


mercredi 31 mars 2010

Nan, sans déc...

Burqa: le Conseil d'Etat devrait écarter une interdiction générale...et dans le même temps, déconseille fortement la création d'une loi.

En toute logique, on s'arrête là et à tout le moins on érige la même règle que pour le voile (donc interdiction dans l'espace privé).
Mais puisque nous vivons une époque formidable, et sans précédent, dans laquelle le gouvernement joue au ping-pong, sans même l'ombre d'une cohabitation, avec le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel, il en faudrait plus pour calmer la fougue et les ardeurs présidentiables du tiercé UMP: SarCopiLLon.
Comme dirait la devise (toute sarkozyste): " et pis quand on a commencé queque chose, faut bien aller jusqu'au bout m'enfin!", même et peut-être surtout quand ça n'a aucun sens, que c'est motivé par un racisme des plus flagrants (aux vues d'autres symboles religieux tout aussi ostentatoires qui, eux, se fondent et fusionnent même assez étrangement avec la "laïcité") et que ça ne sert à rien à part à détourner l'opinion publique du score pathétique de la droite aux dernières élections régionales.

mercredi 24 mars 2010

Statut quo



Le discours que le premier ministre François Fillon devait faire ce soir sur TF1 a été annulé sur "demande de Matignon" précisait Laurence Ferrari.
Sur le moment quelle joie et quelle délivrance. Mais en fait pourquoi le premier ministre choisit-il de se taire finalement? Pourquoi se taire alors que Ségolène Royal y crânait encore hier soir, vantant les mérites des listes "plurielles" de son PS à elle?

Pourtant FF est parfaitement à l'aise en public, la preuve, son dernier one man show couronné par des salves d'applaudissements dignes d'un film featuring Bruce Willis, je vous laisse juger..



François Fillon devant le CRIF / Le Discours
envoyé par FrenchCarcan. - L'info video en direct.


Mister Fillon, the French PM, a bit scratched après les dernières élections régionales, au moment même où de mauvaises langues le donnaient "présidentiable", décroche (un peu) de l'overdose médiatique que son gouvernement nous inflige quotidiennement et décline une occasion de parler aux Français les yeux dans les yeux?!

Annulation de Matignon ou ordre de l'Elysée... les régionales n'ont finalement pas été le long fleuve tranquille que l'UMP espérait tant, et qui pourrait envisager, hormis Nicolas Sarkozy, quand il s'agit bien évidemment uniquement de Nicolas Sarkozy, qu'une allocution publique serait d'un quelconque secours et pourrait sérieusement rallier un électorat, dont une moitié est quasi perdue tandis que l'autre a le coeur qui balance entre l'UMP et le Front National.

lundi 22 mars 2010

Elections


La consécration du FN aux dernières élections peut nuire à la santé..


samedi 13 mars 2010

Le monde d'une banque qui fait abstraction de la réalité et de la légalité



Quand j'ai ouvert un compte à la BNP, on m'avait bien mise en garde contreles risques du découvert. Tout s'est à peu près bien déroulé pendant une année, jusqu'à ce que, comme la moitié des Français, je commence à ramer pour ne pas me mettre à découvert.

Si l'on m'avait d'abord "offert" une "facilité de caisse" de 460 euros sur 15 jours (souvent largement dépassée), ma "nouvelle" conseillère clientèle BNP m'a vite fait signer un droit de découvert de 800 euros, censé couvrir une période d'un mois.

Après avoir signé ledit contrat, je m'aperçois (grâce à un déferlement de courriers sanctions facturés à 24,60 euros la lettre), que la nouvelle facilité de caisse ne couvre (mais alors pas du tout) une telle période (1 mois donc), mais que j'ai bel et bien (et à l'insu de mon plein gré) souscrit la même facilité de caisse en plus chère.

La folle histoire de mon compte BNP s'est donc achevée le 2 février, quand prise de vertige à l'idée que je paierai des agios ad vitam aeternam parce que j'avais eu le malheur d'être à découvert pendant plus de 3 mois à un moment donné - et que bien évidemment, aucun conseiller clientèle n'était "disponible" (voire disposé) pour "discuter de la situation de mon compte" une fois cette "situation" rétablie - j'ai décidé de le clôturer une bonne fois pour toutes.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Un mois après résiliation de votre compte BNP, "la banque d'un monde qui change" et des agios en exponentielle, continue d'appliquer (à un compte clos donc) ses ponctions lombaires avec une célérité qui force au respect, et vous réclame des "intérêts débiteurs" (que vous avez déjà réglés, soyons sérieux) datant d'une période antérieure à la résiliation du compte...le tout à des taux d'intérêts de 14,900%, qu'eux seuls sont capables de comprendre.

Sont également réclamés, les prélèvements que vous avez interdits lors de la fermeture du compte, l'utilisation de votre carte bleue (dûment découpée sous vos yeux le jour de la fermeture du compte, et que vous ne pouviez, en tout logique, utiliser), et enfin, l'utilisation de ce qu'ils appellent ironiquement "esprit libre".

Alors franchement, quand j'ai vu ça hier soir, j'ai kiffé!




dimanche 7 mars 2010

Halalité ou laïcité?


Un an après, les préoccupations qui m'ont donné envie de créer le siècle du néon sont toujours d'actualité.

Que s'est-il passé en 1 an, pas grand chose et beaucoup (voire beaucoup trop) pour certains.

Hier, nous avons pu constater, suite à la mémorable sortie de Nicolas Sarkozy l'année dernière au salon de l'agriculture, que le président a décidé d'écouter le très sage avis de son conseiller en communication, et s'est donc pointé à l'heure des poules, histoire d'éviter un bain de foule qui n'aurait fait que confirmer la réputation du chef de l'Etat "le plus classe du monde".

Et comme il est de bon ton dans ce salon depuis pas si longtemps - à la manière de Jacques Chirac (reçu tel Rod Stewart depuis toujours par des foules en liesse) l'a fait (2min30) après l'humiliation de Sarkozy l'année dernière, comme Bayrou l'avait fait avec les Antillais au moment où les manifestations et les émeutes battaient leur plein en Martinique, et surtout en Guadeloupe, profitant du fait que Sarkozy, tel le pestiféré, ne pouvait se permettre de les approcher - Dominique de Villepin courtisait tout azimut les agriculteurs présents sur son parcours, tâtant tel l'expert tous les arrière trains de vache à portée de main.

Le salon de l'agriculture est devenu une des arènes politiques incontournables, depuis la présidence Sarkozy, voire Ze place to be. Comme le dîner annuel du Crif, il rassemble pratiquement toute l'élite politique.

En parlant du diner annuel du Comité représentatif des institutions juives, les Petit Journal s'est prêté à un petit jeu amusant, en chronométrant le temps de présence de chacun. Nicolas Sarkozy serait ainsi resté un peu moins de 20 minutes, suivi de près par Jack Lang et Robert Hue.
En ce qui concernait les excuses de chacun, le "mytho du jour" a été décerné à Nadine Morano qui avait "un dossier urgent à traiter".

Il est amusant de voir qu'une pointure politique comme Nadine Morano, après les propos qu'elle a tenu sur le "jeune musulman", le doux euphémisme pour "terroriste en puissance planqué dans nos banlieues grâce aux aides de l'Etat", soit l'invitée d'un dîner confessionnel.

Mais si le Crif n'avait pas ces amis-là, où pourraient-ils franchement se retrouver? (question rhétorique..)

Donc en un an, qu'est-ce qui a vraiment changé. On a travaillé plus pour gagner moins, et quand Ko Siu Lan, une artiste Chinoise ( qui nous a bien prouvé que les Chinois ne sont pas en reste quand il s'agit de critiquer le pouvoir, sauf que chez eux quand ils le font, ils se font liquider) nous l'a fait remarquer sur les murs des Beaux-Arts, même son école l'a lâchée, prétendant ne pas avoir été avertie de son projet.



On pouvait le lire dans tous les sens: gagner plus travailler moins, travailler plus gagner moins, travailler plus gagner plus, travailler moins gagner moins, moins gagner plus travailler, ainsi de suite, l'idée étant bien entendue une critique de la question du travail et de la propagande d'Etat. En somme cette histoire de censure est une nouvelle atteinte au service public.

Deux jours plus tard, Frédéric Mitterrand, protecteur de l'artiste et de l'orphelin (Thaïlandais...de 50 ans) fait raccrocher l'oeuvre censurée. Et c'est certainement la défense inconditionnelle des artistes et non l'angoisse à l'idée de se faire traiter d'Etat stalinien et de se retrouver devant une cour de justice qui a fait fléchir le ministère de la culture, n'en doutons point.

En un an aussi, les gardes à vue se sont métamorphosées en antichambres des morgues nationales.

Tout s'est évaporé autour de la commission sur la burqa, du débat sur l'identité nationale, et de la nomination d'une Miss France au patronyme arabisant: Malika Ménard.

L'acharnement gouvernemental a porté ses fruits et ainsi sont nées Hadopi, Loppsi, et plein d'autres jolies lois sonnant comme autant d'insultes populaires, ainsi aussi la plupart des lois ont continué d'être vidées de leur sens par force modifications, et les conditions de renouvellement de papiers d'identité sont devenues insupportables. Le cas du procès contre La Rumeur était suffisamment parlant pour que l'on puisse s'attendre au non-sens du "procès des barbares", et à Clearstream.

Et la SNCF s'est mise à l'antiracisme selon Finkielkraut.



Sur les murs de toutes les stations de métro parisiennes, l'armée de terre française s'est refait une jeunesse avec une campagne de communication choc, proposant à tout un chacun de s'épanouir en son sein..





Enfin, le Quick de Roubaix a décidé unilatéralement de se spécialiser dans la production de burgers halal, une action décrétée scandale national par des personnages publics connus pour leur jugement serein et modéré. Et nous entendrons très certainement encore parler de racisme anti-blanc...après que l'argument ultime -la laïcité - aura été épuisé. Car oui, aujourd'hui en France, quand on invoque la laïcité, c'est toujours bizarrement pour parler des musulmans, et de l'incompatibilité intrinsèque de leur religion avec les valeurs de la république. Si Sylvain Gougenheim parlait de "schémas mentaux" qui auraient empêché les arabes d'accéder à la rationalité des Grecs, que Claude Levi-Strauss parlait de barbarie, pour Alain Finkielkraut, il n'y a plus aucun doute, c'est juste que les musulmans, partout à travers le monde (et particulièrement en Palestine et à Villiers-le-Bel, Clichy-sous-Bois, et en banlieue de manière générale), sont des jihadistes nés. Si on leur permet le halal, no doubt they will take over the world, une chose en amenant souvent une autre, surtout quand il s'agit des musulmans.

Philippe Val, Caroline Fourest, BHL, Finkielkraut, Houellebecq ou même Dantec (liste non exhaustive, uniquement les têtes d'affiches) plaident la laïcité contre l'islam. Je n'arrive pas à m'empêcher de penser que ce genre d'argument: on vomit l'islam parce que c'est une religion qui s'oppose à la laïcité (comme si d'autres religions étaient conformes à cette même laïcité), ressemble à s'y méprendre à l'usage qui est fait de l'adjectif "démocratique" dans des expressions comme "République démocratique du Congo"; ça ne veut plus rien dire.

Quand le Figaro s'y met en 2007, en laissant carte blanche à Alain Finkielkraut sur l'affaire Redeker, ça donne une sentence comme suit: " L'affaire Redeker et la blessure de la liberté".

Alors si je suis bien, la liberté n'est plus un concept abstrait mais une réalité concrète qui passe par la critique (inconditionnelle) de l'islam, et c'est surtout au nom de la laïcité que des écrivaillons communautaristes se permettent de donner des leçons de morale, à renfort d'arguments alambiqués sur ce qu'il serait de bon ton de critiquer et ce qui ne l'est pas. La liberté tiendrait au fait de déféquer de manière continue sur l'islam en prétendant y apporter un éclairage qui n'explique rien à la religion elle-même, si ce n'est le procès intenté par les auteurs de ce genre de pamphlets.

Mais un problème me taraude, n'est-il pas inscrit dans la démocratie, qui prône la laïcité dans l'espace public, que la république assure la liberté de culte à chacun?! Ces musulmans qui vont assaillir la France et qui la pénètrent déjà de toutes parts ne sont que la manifestation des fantasmes les plus sordides d'une bande de réactionnaires en mal de sensations fortes, qui voient le choc des civilisations quand plus de trois noirs se promènent en plein jour; de nuit ça s'appelle l'insécurité.